Au commencement...

Publié le par Les Chroniques de Stanislas

 

Quelques vérités à connaitre  avant la lecture du texte ci-dessous :

- A Angoulême on m’appelle Stan.

- A Angoulême, je porte un chapeau à large bord pour me protéger de la pluie.

- A Angoulême je suis.  


 

  Vendredi 29 janvier 2010.
 
- Lever 7h00.

 

- Départ 8h30, avec une arrivée sur site à 10h05.

 

- 10H15. Chapeau sur la tête, je commence à arpenter les allées du festival en quête d’éditeurs, susceptible d’être intéresser par mon projet bicéphale Terre de Mars – je ne suis que le scénariste-.

 

-  11h15. Discussion avec des jeunes dessinateurs, je cherche à m’intéresser à leurs œuvres, lorsque je les aperçois, je disparais tel un fantôme, poli.

 

-  11H30. Exténué par des rendez vous manqués, des discussions hypocrites, je mange un hamburger, avec mon chapeau comme compagnon de table ; dehors il n’arrête pas de pleuvoir.

 

-  12h30. J’achète Arzak de Moebius.

 

-  13h00. Sous la pluie, je rebondis d’un coin de la ville à un autre, espérant que le soleil va enfin apparaitre.

 

-  14h00. J’assiste à une conférence sur le scénario, dirigé par Xavier Dorrisson (référence en la matière).

 Pendant plus d’une heure, je boue intérieurement, je devine ces mots avant qu’il ne les dise.

 La pluie frappe sur la toile du chapiteau, comme pour me rappeler que je suis sur le ring.

 J’esquive.

 

- 15h15. Les éditeurs, face à moi, continuent de palabrer inutilement sur le rôle d’un scénariste dans une B.D.  La France est vraiment un pays à part, à l’inverse des Etats Unis ou ce métier est de loin considérer. Mais je commence à ressembler à un tank Sherman, je deviens blindé, malgré l'echec annoncé deTerre de Mars.

 

   

-  16h15. Rendez vous avec un scénariste professionnel, dans une librairie pendant sa séance de  dédicaces - à l’origine on devait boire un verre, mais le succès de ce nouvel album a un peu chamboulé son planning-.

 Le dessinateur, son ami, enquille les dessins, alors que nous, nous parlons de la pauvreté du scénario d’Avatar, de la rudesse du milieu et de techniques de narration. Mais nos dialogues gênent un autre dessinateur juste à coté de nous, qui préfère se déplacer pour réaliser ses croquis.

 

-  17h15. Le scénariste me balance un « bye cowboy »,(autre pseudo de Stan), alors qu’il se rend avec son pote dessineu, à une interview.

 

 A l’extérieur, le soleil commence, enfin à poindre à l’horizon.

 

 

-  17h25. Je croise Moebius, dans une foule qui ne le reconnait pas. Je m’arrête, surpris et je chuchote son nom par réflexe.

 Il m’entend, chapeau sur la tête, et me gratifie d’un léger rictus, que je lui retourne plus prononcé.

 Puis il disparait dans une foule inculte.

 

-  17h30. Le soleil brille sur Angoulême, alors que ma voiture décolle en vitesse subsonique, mon poste laser balançant la nuit je mens d’Alain Baschung.

 

 Mon chapeau, posé sur le siège passager, transpire d’eau de pluie, je souris et, j’accélère…

 

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